Exposition : Andrea Bučko & Mudi « Les Âmes Retrouvées » (20 juin – 9 juillet 2016)

« On croit que la volonté de connaître l’histoire de l’autre et la comprendre aboutit à la paix. On croit que l'art est une langue universelle qui connecte. On croit que l'humanité est l'empathie. On croit que l'amour est le sens. »

Projet commun musical et d'exposition  de la chanteuse et compositrice slovaque Andrea Bučko et de l'artiste irakien réfugié en France Mahmood Ahmed Hachim (Mudi). Les deux artistes se sont rencontrés et leur projet d'exposition est né lors de leur séjour à la Cité internationale des Arts à Paris.

Le vernissage de l'exposition sera lié à un concert le lundi 20 juin 2016 à 19h. L'événement est organisé à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, sous le patronage de l'Institut Français et du festival [fjúžn].

Du 20 juin au 9 juillet 2016
Galerie de l'Institut Français
Sedlárska 7, Bratislava
Vernissage et concert: lundi 20 juin à 19h

Événement FB

Les Âmes retrouvées

Nous sommes deux êtres humains provenant de différents coins du monde, qui se sont rencontrés dans une résidence internationale pour les artistes à Paris – la Cité internationale des Arts. Mudi – Mahmood A. Hachim – est peintre. Il vient de Bagdad en Irak et vit actuellement à Paris après avoir remporté un concours de l’Institut Français. Je suis Andrea Bučková, musicienne slovaque, et travaille actuellement à Paris sur mon troisième album. Mudi est un réfugié irakien. Moi, je suis une européenne libre.

C’est notre humanité qui nous a réuni en premier – la volonté de connaître et de comprendre les histoires, les joies, les misères et la culture de l’autre. C’est aussi l’art qui nous a rapproché, qui a fait qu’on se comprend même sans mots.

La vie de Mudi à Paris a commencé après son exposition « Les Âmes Perdues », qu’il a ouverte à Bagdad en janvier 2014. Grâce à cette exposition il a gagné un concours artistique organisé par l’Institut Français de Bagdad et a pu partir à Paris pour développer son travail. Mais dans son pays, son expo n’a pas été « comprise » et Mudi est devenu « persona non grata ». L’artiste n’aime pas parler de cette partie de sa vie, mais du langage de son visage et de son corps on peut en apprendre beaucoup...

Quand il s’est décidé à accepter l’offre de l’Institut Français, il ne pensait pas qu’il finirait par rester en France comme réfugié. Après un court moment sa famille l’a informé qu’il se trouvait sur une liste noire dans son pays et qu’il ne pouvait pas rentrer. Maintenant il attend, que va-t-il lui arriver encore.

Il a perdu son pays. Il a perdu sa famille. Il a perdu sa langue, son argent, sa foi... son Identité.

Mais il lui reste l’art, qui émerge de lui, de ses mémoires et de sa vie. Son art est un portrait de lui-même et de la société qui l’entoure. Il est actuel et direct. Non seulement par son contenu, mais aussi par sa forme – Mudi ne travaille qu’avec des matériaux qu’il a à sa disposition – souvent ce sont des restes de couleurs que ses collègues à la résidence ont rejetés, une toile avec une imperfection dont personne n’a plus besoin, un papier spécial qu’un collègue, qui peut voyager, lui a apporté etc. Et quant au cadres ou planches, il n’en a même pas l’usage depuis plus d’un an…

Mudi peint par besoin de redécouvrir son identité, car comme il dit lui-même « je me cherche » : quand il se regarde dans un miroir, il voit quelqu’un de complètement différent, bien distinct de ce joyeux et familier peintre de Bagdad, qui avait envie de changer le monde.

Dans ses peintures Mudi revient souvent vers son enfance, car il croit, comme les enfants, que nous pouvons percevoir la réalité sans parti pris et sincèrement... Il se souvient de ses traumatismes, de ses frayeurs, mais aussi de ses espoirs. De tout ce qu’il l’a formé et le structure encore, pour qu’il se retrouve, une nouvelle fois, en lui-même. Pour qu’il clôture une certaine étape de sa vie – la déchiffre – et recommence à nouveau. Même si ce n’est pas facile, dans sa condition actuelle. Il lui est presque impossible d’avoir des grands espoirs, pour recommencer à vivre une vie harmonieuse et de qualité.

Mudi considère que la grandeur de la souffrance est relative... les hommes en supportent autant qu’ils le peuvent. Il admet que d’autres, dans sa situation, auraient peut-être agi de manière plus forte, plus courageuse, plus humaine.

Mais il est resté humain.

Et c’est un être humain, qui sait aimer. C’est ce qui lui donne l’espoir et la volonté de continuer à vivre. Ce sentiment est ce qu’il a de plus cher, après tout ce qu’il a dû endurer.

« L’homme devient homme par sa capacité à aimer, à faire des choix, à créer, mais aussi à détruire. C’est cela qui nous rend tous égaux. Nous avons tous le désir du bonheur, de la paix dans nos âmes, mais quand nous sommes gouvernés par la peur de l’inconnu, nous devenons une arme dangereuse. Le fait que nous soyons égaux ne signifie pas que nous soyons tous les mêmes. On ne peut pas ignorer la culture de chaque individu, c’est ce qui apporte la diversité dans nos vies. Mais il y a des instants, où même les hommes les plus différents se réunissent pour créer quelque chose en commun. C’est ce qui donne de l’étincelle à nos vies, c’est pourquoi l’on s’éprend. Notre altérité, qu’on n’a souvent pas envie de connaître ou dont on a peur, mène à des combats qui nous séparent encore plus. Et cela entraîne une crise de l’humanité, qui dans les temps actuels monte à des niveaux alarmants. Qu’est-ce qui peut réunir les humains et nous diriger vers un parcours de liberté, de paix et de tolérance ? C’est l’art et l’amour du prochain. Ce sont des sentiments, qu’on a envers nous-mêmes, comme si l’on faisait table rase de la politique, de la religion, de l’argent, du pouvoir, de la couleur de la peau... Ce sont des sentiments que l’on a, quand on ose jeter un regard sur l’histoire de l’homme qui est devant nous, et lui offrir un peu de notre compassion. Ces sentiments ne peuvent pas créer de mal. » A&M

Mahmood A. Hachim - né à Bagdad (1985), diplômé de Beaux-Arts de Bagdad en 2010 - son œuvre est consacrée à la défense des droits et des libertés des femmes en Irak, il est contre la guerre et les pratiques cruelles des milices d’état. Il a exposé dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes en Irak, en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). Il a participé à l’exposition sur les Droits de l’Homme organisée par la Mission des Nations Unies  pour l’Irak (UNAMI). En août 2014, il a gagné un concours de peinture organisé par l’Institut Français de Bagdad – dont le Prix était un séjour dans la résidence pour les artistes de la Cité internationale des Arts à Paris.

Andrea Bučková – née à Bratislava en 1989, diplômée de mise en scène théâtrale de l’Académie des arts dramatiques et de la musique de Bratislava (VŠMU) en 2014. Elle compose sa propre musique, joue au piano et chante. Elle a publié deux albums d’auteur (In the middle of... 2012, Polarity, 2015) et réalisé plusieurs mises en scène théâtrales, compositions musicales pour le théâtre et le cinéma. Elle donne des concerts en Slovaquie et à l’étranger (Journées de jazz de Slovaquie, Kitzee Tanz festival, TEDx Bratislava, Jazz Festival Znojmo, Spoltlight Singapore, Radiohead awards festival, plusieurs concerts à Paris – Cité des Arts, Orphée privée, UNESCO). Actuellement elle est en préparation de son 3ème album, thématiquement lié à son séjour parisien à la Cité Internationale des Arts (Décembre 2015 – Mai 2016).

 

Un grand merci pour l’aide volontaire et bienveillante de:

Evička Machajdíkova (grande dame – designer graphique pour le visuel de nos matériaux de promotion)

Soňa Patúcová (jeune et jolie artiste, qui nous a aidé avec l’installation de l’exposition), Mya Javorková (pour la réalisation de l’installation artistique), Lenka Gorfolová (amie et collaboratrice depuis longues années pour son aide sur les questions d’organisation et sa patience face à toutes sortes de nervosités), Romy Kopáčková (une âme proche, qui a aidé avec l’installation), Miloš Stankoviansky (chargé de mission pour les manifestations culturelles à l‘Institut Français de Slovaquie, qui a eu le courage de nous offrir l’espace d’exposition), Laco Oravec et Martin Brix (qui nous ont soutenu dans le cadre de leur belle communauté [fjúžn])