Mois de la photographie 2016 : Looking for the Clouds / À la recherche des nuages / (du 5 novembre au 23 décembre 2016)

Dans la cadre de l'édition 2016 du festival Mois de la photographie de Bratislava, l'Institut français de Slovaquie en collaboration avec la Maison centre-européenne de la photo et le Mois européen de la photographie (EMoP) présentera l'exposition « Looking for the Clouds » - un reportage unique sur le destin des migrants du monde entier à travers des photographies de 6 auteurs européens: Samuel Gratacap (FR), Andrej Bán (SK), Tanja Boukal (AT), Matic Zorman (SLO), Anna Jermolaeva (RU) et Ibro Hasanovič (KS)

Commissariat: Václav Macek

Du 6 novembre au 23 décembra 2016

Galerie de l'IFS, Sedlárska 7, Bratislava

Vernissage: samedi 5 novembra 2016 à 17h

Programme du Mois de la photo

À la recherche des nuages

Depuis 2006 le Mois européen de la photographie (European Month of Photography EMOP), une association de huit festivals de photographie, a organisé, tous les deux ans, ses propres projets. Après les trois éditions des Mutations 1,2,3, le projet distURBANces et Memory Lab  (en 2014), nous avons préparé notre projet pour 2016, Looking for the Clouds. Durant le procès long de sélection collective, les commissaires se sont mis d'accord sur une cinquantaine d'auteurs, qui sont présentés dans un catalogue complexe préparé pour cette exposition. Pour Bratislava, nous avons sélectionné les auteurs du chapitre sur l'émigration.

La crise des migrants des années récentes, qui se manifeste aux portes de l'Europe et même à l'intérieur de de la communauté européenne, n'est pas la première de sa sorte. Cette situation ressemble à l'époque quand les Arméniens fuyaient devant génocide par les Turcs en 1915, à la traversée des Pyrenées par des Républicains espagnols en 1939, aux Juifs européens entassés sur les bateaux navigant vers Buenos Aires ou Chypre pendant et après la 2ème guerre mondiale ou aux Boat-people de Viêt Nam, Laos, Cambodge et République populaire de Chine entre les années 1970 et 1980.

Quand même, aujourd'hui les médias couvrent tout. À présent, le photojournalisme reprend plusieurs rôles, où le photographe est observateur, activiste et supporteur en même moment. Le principe de solidarité produit encore plus de photos.

Les six auteurs de l'Institut français proposent un reportage unique sur le destin des migrants du monde entier.

Samuel Gratacap (FR) a photographié en Tunisie, à 5 km de la frontière libyenne, un espace transitoire pour quelques centaines de milliers de réfugiés subsahariens fuyant devant la guerre civile en Libye. Ses photographies reflètent les spécificités de l'espace et du temps, qui par l'élément d'attente façonnent cet espace de vie.

Andrej Bán (SK), qui dans l'esprit du principe de Robert Capa est au plus près de l'homme et de l'action, propose un témoignage authentique des îles de Grèce, présentant une preuve que la crise a atteint d'incroyables proportions.

Tanja Boukal (AT), à l'enclave espagnole de Melilla en Afrique du Nord, a pris des photos des migrants habillés dans tissus de luxe brodés du texte de l'Ode à la Joie de Friedrich Schiller, mis en musique par Ludwig van Beethoven. Cette pièce musicale qui est l'hymne de l'Union européenne, crée un contraste suggestif entre les idéaux et la pratique.

Matic Zorman (SLO) présente la série, Donne moi la liberté ou la mort (2010-2014). Cet auteur slovène, qui travaille en bande de Gaza, documente sensiblement la situation vitale difficile de Palestiniens, leur vie sous l'état de siège permanent.  Zorman propose un petit morceau de la mosaïque de la catastrophe qui force les gens à l'exode.

Anna Jermolaeva (RU) dans son installation 120m s'occupe de la situation à la frontière Russie-Norvège. Puisque les autorités russes interdisent aux réfugiés à traverser la frontière à pied les personnes doivent être en véhicule lors du passage les réfugiés montent pour les derniers 120 mètres sur des vélos, qu'ils abandonnent ensuite sur place.

La dernière partie de l'exposition présente le court-métrage Note sur la multitude par Ibro Hasanovic (KS), filmé à Prishtina (Kosovo), qui présente l'exode des migrants par buses, ainsi que des minutes et des heures qui précèdent leur départ.

 

Václav Macek

 

Looking for the Clouds

Since 2006 the European Month of Photography (EMOP), a joint association of eight photographic festivals, has organized, biennially, its own projects. After the three parts of Mutations 1,2,3, the project distURBANcies and Memory Lab (2014), we have prepared a project for 2016, Looking for the Clouds. During the long process of collective selection, curators agreed on 50 names, which are represented in a comprehensive catalogue prepared for this exhibition. For Bratislava, we have chosen authors from the chapter on emigration.

The migrant crisis of recent years, occurring at the gates of Europe and even within the European Community, is not the first of its kind. It is similar to the time when Armenians were fleeing genocide by the Turks in 1915; similar to Spanish Republicans crossing the Pyrenees in 1939; similar to the European Jews squeezed onto ships headed for Buenos Aires and Cyprus during and after World War II; similar to the Boat people of Vietnam, Laos, Cambodia and the People's Republic of China between 1970 and 1980.

Except that this time news coverage embraces everything. This time photojournalism takes a number of roles, where the photographer is an observer, fellow activist and supporter at the same time. The principle of solidarity produces even more pictures.

Six authors from the French Institute provide a unique report on the fate of immigrants from all over the world.

Samuel Gratacap (FR) photographed in Tunisia, 5 km away from Libya's frontier, at a transit area for several hundred thousands of Sub-Sahara refuges escaping the Libian civil war. His photographs reflect space-time specificities shaping this living space through waiting.

Andrej Bán (SK), in the spirit of Capa's maxim "to be sufficiently close to the event" offers authentic testimony from the Greek islands, presenting evidence that the crisis has reached unbelievable proportions.

Tanja Boukal (AT), in the Spanish enclave of Melilla in North Africa, took photographs of migrants wrapped in luxury textiles with the text of Ode to Joy by Friedrich Schiller, which was composed by Ludwig van Beethoven. This song, which is the anthem of the European Union, creates a suggestive contrast between ideals and practice.

Matic Zorman (SLO) presents the series, Give me Liberty or Give me Death (2010-2014). This Slovenian author, working in the Gaza strip, sensitively documents the difficult life situation of the Palestinians, their life under siege; Zorman offers a small fragment of the mosaic of catastrophe that forces people into exodus.

Anna Jermolaeva (RU) in her installation 120m addresses the situation on the Russian-Norwegian border, where refugees are not allowed to cross on foot. So one must be in a vehicle (because Russian authorities prohibit pedestrians to cross the border), refugees cross the last 120 meters by bicycle and leave the bikes behind.

The last part of this exhibition presents the short film, Note on Multitude by Ibro Hasanovic (KS), which was recorded in Prishtina (Kosovo), it portrays the exodus of migrants by buses in the minutes and hours prior to their departure.

Václav Macek