Exposition « Déboutonner le corps » de Radostina Doganova (6‑10 mars 2017, vernissage : 8 mars à 18h)

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes et du Mois de la Francophonie en Slovaquie (mars 2017), l'Institut français de Slovaquie et l'Institut culturel bulgare de Bratislava vous invitent à l'exposition « Déboutonner le corps » de Radostina Doganova, plasticienne bulgare résidente en Slovaquie, inspirée de la poésie francophone de la poétesse bulgare Aksinia Mihaylova (Prix Apollinaire 2014 pour le recueil de poèmes en français « Ciel à perdre »).

Au vernissage de l'exposition, en présence des deux artistes bulgares, nous alons découvrir les tableaux ainsi que la poésie qui les a inspirés.

L'événement fait partie du programme de la semaine « Laboratoire poétique ».

Accompagnement musical : Suzanne van der Helm

Dates de l'exposition : Du 6 au 10 mars 2017

Lieu : Galerie de l'IFS, Sedlárska 7, Bratislava

Vernissage : mercredi 8. mars 2017 à 18h

À télécharger : affiche | Invitation

Le recueil Ciel à perdre d’Aksinia Mihaylova sera en vente en nombre limité. Paiement possible uniquement en espèce.

Exposition « Déboutonner le corps »

L’exposition « Déboutonner le corps » présente les œuvres de Radostina Doganova, réalisées au cours des trois dernières années.

L’historienne de l’art Xénia Lettrichová raconte sur la création de Radostina Doganova :

« Diplômée de l’Académie des Beaux-Arts de Bratislava, où elle a étudié à l’atelier de peinture du professeur Ján Berger, Radostina Doganová est une artiste à domicile double. Une partie d’elle appartient à sa Bulgarie natale, l’autre est chez elle à Bratislava mais ses émotions se passent de frontières. Active dans les deux pays, elle participe à la vie artistique et expose régulièrement son travail bien connu à Bratislava.

L’exposition présente les peintures et dessins de Radostina, inspirés par les poèmes de la poétesse Aksinia Mihaylova. On retrouve dans les vers d’Aksinia les mêmes questionnements et les mêmes réponses que dans les œuvres de Radostina. Il n’est donc pas surprenant, qu’un projet commun soit né, à la frontière entre le mot et l’image, les couleurs et la poésie – le monde des deux femmes, deux artistes. »

L’histoire de ce projet a commencé il y 3 ans, Radostina Doganova présentait alors ses premières œuvres inspirées de la poésie d’Aksinia à un cercle étroit d’amis et de collègues lors d’un de ses « Ateliers ouverts » en décembre 2014 à Bratislava. Plus tard, en avril 2015, elle présentera cette exposition à Ljubljana et puis en octobre – à Sophia.

L’histoire de cette exposition a commencé par un mot. De sa première rencontre avec la poésie d’Aksinia en 2014 Radostina raconte : « Je vivais une période compliquée de ma vie, je passais tous les jours dans mon atelier à peindre... par hasard, je suis tombé sur un poème que je n’oublierai jamais – « Genesis ». J’ai alors vu dans les vers une image, l’image que j’étais en train de peindre. Comme si le tableau et le poème étaient liés par leur contenu et se complétaient l’un à l’autre. Plus je continuais à lire plus j’étais persuadée de « voir » dans les vers le reflet d’un corps féminin les pieds en l’air...

Ainsi est né le cycle « Les anges qui tombent » puis plus tard les dessins de la série « Déboutonner le corps ».

Radostina Doganova

L’historienne de l’art Xénia Lettrichová raconte sur la création de Radostina Doganova :

« Après la fin de son exposition en 2013 à Bratislava, Radostina bouleverse son style paisible et lyrique suite à une période plus dramatique de sa vie durant laquelle a dut prendre position. Même si, d’après l’auteur, certaines de ces situations l’ont complètement bouleversée, elles lui ont permis de regarder le monde et ses problèmes sous un autre angle de vision. Elle a, alors, changé sa façon de penser et son approche à la peinture. Dans cette période tendue de confrontation entre volonté individuelle et attentes de son entourage, les paysages paisibles et le lyrisme de la nature n’exprimaient plus sa vision de la vie. Au cours de sa quête de réponses, elle atteint l’âge mur de sa création et tourne l’attention sur le soi et sur sa propre sphère intime. Au même moment, naturellement, elle découvre son côté charnel, sa spontanéité et son surplus d’émotions.  

Sciemment elle atténue le contrôle d’elle-même et par son regard intérieur, comme si elle fermait les yeux, elle perçoit son corps. Celui-ci progressivement perd sa matière et sa matière perd de l’importance. L’espace se remplit d’expressions abstraites et d’une émotion intense interprétée par des couleurs pures dans une unité symbolique, d’expiration éclatante, de sentiment de la chair, de sensualité, de sexualité et d’énergie brûlante. Émotion jaillissante du geste de la peintre, de la matière colorée, de sa structure et de sa composition dynamique.

Il est important, que cela ne se manifeste pas que dans son expression plastique, mais aussi dans son attitude personnelle et dans son équilibre acquis. Radostina marche vers son identité avec une nouvelle confiance et – comme elle dit – avec moins de dépendance aux opinions des autres.  Cette nouvelle démarche l’aide à formuler et jalonner son parcours créatif de façon humaine et artistique tout en restant honnête envers elle-même et envers son environnement. »

7.2.2017, Bratislava