Exposition "TRIMMING REALITY (RÉALITÉ DÉCOUPÉE)" (20 juin‑27 juillet 2012)

EXPOSITION

Du 20 juin au 27 juillet 2012
Galerie de l’Institut français de Slovaquie
Vernissage : 20 juin à 18h

Exposition internationale d’art vidéo. Avec Pauline Bastard (FR), Eszter Szabó (HU), XYZ / Matej Gavula, Milan Tittel (SK).

Commissariat : Eike Berg (DE).

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Eszter Szabó

 

Notre perception de la réalité est influencée par de nombreux facteurs, tels que nos organes sensoriels, nos expériences et humeurs personnelles ou encore le contexte culturel et social. Chaque seconde, des centaines d’impressions nous parviennent de notre environnement. Celles-ci sont beaucoup trop complexes et spécifiques pour que nous parvenions à absorber et traiter chacune des ces impulsions de la même façon. Ainsi, l’organisme humain opère déjà une sélection au moment-même de leur détection.

Généralement de manière inconsciente, une image intérieure de la réalité extérieure émerge en nous. Sa structure est déterminée par notre attitude personnelle – tel un dessin simplifié sur une couche partiellement transparente d’une photographie hyperréaliste.

Nos prédispositions personnelles peuvent être affectées par l’idéologie, la publicité, les traditions, etc. Mais que se passe-il si ce n’est pas notre perception, mais la réalité observée, qui est manipulée ? Si ce sont nos organes sensoriels qui sont délibérément trompés ? Une forme de camouflage est alors révélée et cet acte incite à un processus d’apprentissage et à une prise de conscience émotionnelle de la part de l’observateur. Cette stratégie apparaît comme le plus petit dénominateur commun dans la démarche artistique des trois artistes participant à l’exposition « La réalité découpée ».

L’artiste française Pauline Bastard (29) remet en question les visions traditionnelles de notre environnement. Dans son travail, elle combine des éléments difficilement associables avec de nouveaux objets et images. A première vue, ses créations semblent familières, mais apparaissent dans un second temps comme artificielles ou plutôt artistiques. Et l’artiste va souvent encore plus loin dans ce processus : observées de plus près, les choses semblent encore différentes. Pauline Bastard joue à une sorte de cache-cache avec le spectateur, mettant en lumière les mécanismes habituels de notre vision et les différents moyens d’utiliser ces mécanismes pour nous tromper. Son installation "Jungle Studio (Le studio dans la jungle)", par exemple, fait défiler des images d’insectes sur des écrans situés à proximité d’un assemblage de plantes dont les détails sont enregistrés à l’aide de caméras vidéo. Un habitat zoologique au sein de l’espace d’exposition ?

L’artiste hongroise Eszter Szabó (33) ajuste sa vision de la réalité en utilisant un ensemble de filtres : tout d’abord, une transformation artistique assez classique sous la forme d’une peinture ou d’un dessin, ensuite, des images animées, puis, un dernier filtre créant des situations hypothétiques. L’une de ses récentes vidéos, « Regaining Paradise/ Retrouver le Paradis », est un collage d’images en mouvement représentant l’environnement imaginaire de ce qui serait une société hongroise « idéale ». Sa vision transcende toutes les visions politiques particulières ; son travail est sensible, plein d’humour dans ses détails, mais absurde dans sa totalité en raison de son irrationalité.

Les travaux du groupe slovaque XYZ, composé de Milan Tittel (45) et Matej Gavula (40), sont réalisés dans notre environnement immédiat. Les deux artistes changent la réalité à travers des interventions dans notre vie quotidienne. Leurs mises en scène rappellent très fortement des événements familiers, mais se révèlent contreproductives au moment où l’on en prend pleinement conscience. Les actions et images du groupe XYZ nous rendent plus sensibles à la routine et aux automatismes de notre perception. Il s’agit du phénomène inverse de celui qui a lieu lorsque l’on repère quelque chose d’étrange du coin de l’œil, et que l’on identifie ensuite l’élément perçu comme anormal comme un élément normal de notre environnement. La performance vidéo « Le début de la saison touristique » montre les artistes posant des crânes blancs sur les lumières de la chaussée de la zone piétonne du centre-ville de Bratislava.

« La réalité découpée » évoque l’idée d’une prise de conscience de soi-même, dans le but d’une meilleure compréhension de la réalité et d’une participation active au sein de la société. Pas de mode d’emploi précis, mais un appel à un apprentissage par l’essai et l’erreur.

— Eike Berg