Comte Maurice Benyowsky – le premier citoyen européen et globe-trotter slovaque (18‑27|09)

Benyowsky comme commandant brillant, explorateur et voyageur, diplomate, manager éclairé, combattant pour les droits de l'homme et auteur de best-seller mondial, s'est inscrit dans l'histoire et la culture de plus que vingts pays sur quatre continents.

Il n'y a que deux personnages historiques d'origine slovaque qui réussissent à atteindre le grade prestigieux de général de France : Milan Rastislav Štefánik, que l'on commémore cette année en tant que cofondateur de la Tchéco-Slovaquie, et Móric Beňovský / Maurice Benyowsky, bien qu'avec un siècle de décalage. L'identité slovaque de Benyowsky fut confirmé par le registre du lycée des Piaristes a Sv. Júr, ou il s'identifiât, à l’âge de 16 ans, comme « noble slovaque », ce qui est déjà remarquable à son époque ! Sa mère était de la famille noble des Revay, qui communiquait en slovaque de l'époque, et c'est ainsi qu'elle conçut également son testament. Benyowsky rejoignit la noblesse polonaise dans leur lutte contre le roi Poniatowski, soutenu par la tsarine Catherine II. Pour cela il fut exilé à Kamtchatka, où il organisât une rébellion et s'échappa avec d'autres exilés sur un navire fragile. Ainsi il rejoignit les côtes de l'Amérique / Alaska, aussi bien que les côtes du Japon et de la Formose, pour arriver, par un parcours naval extraordinaire, à Macao. Il se mit au service de la France pour être envoyé comme commandant à Madagascar. Grâce a sa gestion moderne de l'île, ainsi qu'à sa diplomatie habile envers des rois et chefs locaux, il se fit élire leur « Grand roi – Ampansacabé ». Rappelé en France, il fut nommé général et autorisé à se mettre au service de l'impératrice Marie-Thérèse et de son fils, l'empereur Joseph II. C'est pour lui qu'il élabora un projet visionnaire d'une voie fluviale rejoignant Vienne et Presbourg (Bratislava) avec Rijeka sur l'Adriatique. Ne trouvant pas de soutien en Europe, il offrit ses services au général Washington avec un projet de légion étrangère, pour la lutte américaine contre la Grande Bretagne, dont il deviendrait le général. Hélas, le traité de paix mis fin à ses espérances. Il offrit au roi George III un projet de liaison commerciale entre la Grande Bretagne et le Madagascar, mais tout en refusant que son île y fut considérée comme une colonie, ce qui fut échouer ce projet. Du moins, il laissât à Londres le manuscrit de ses fameuses Mémoirs et voyages, qui deviendraient un best-seller mondial traduit en plus de dix langues sur plusieurs continents. Finalement, il conclut un traité de commerce avec des marchands de Baltimore et revint à Madagascar. Il s'y présenta aux autorités françaises comme Ampansacabé, en leur proposant un échange commercial, mais avec une stricte interdiction de la traite des esclaves. C'est cela qui causa sa mort tragique, sans effacer son impacte historique. Ainsi, l'auteur de cette exposition, Miroslav Musil, qui esquissa le parcours vital extraordinaire de ce globe-trotter dans son livre « L'histoire véritable du Comte Móric Beňovský », fit un bilan de plus de vingt pays de quatre continents dans l'histoire et la culture desquels notre héros laissa une empreinte durable. Un témoignage en vient également du membre de l'Académie Francaise, Jean-Christophe Rufin, dont le roman sur ce personnage remarquable, « Le tour du monde du roi Zibeline », paru en parallèle avec celui de Musil en 2017, ou Rufin le caractérise comme « le plus grand voyageur du 18ème siècle ».

Auteur de l'exposition : PhDr. Miroslav Musil, PhD.

Du 18 au 27 septembre 2018, Galerie de l'Institut francais de Slovaquie (première salle), Sedlárska 7, Bratislava

Conférence et vernissage le mardi 18 septembre à 18h

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Les photos du vernissage

  • Jean-Pierre Jarjanette, directeur de l'Institut français de Slovaquie & Miroslav Musil
  • Discours de Jean-Pierre Jarjanette, directeur de l'Institut français de Slovaquie

 

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