Exposition "100 X France - Photographies françaises des origines à aujourd’hui" continue à Banská Bystrica (du 17 janvier au 24 février 2013)

EXPOSITION PHOTOGRAPHIQUE

Une exposition rétrospective présentant le patrimoine photographique français depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui, à travers une centaine de photographies d’auteurs célèbres ou anonymes issues des archives de la Bibliothèque nationale de France ou du Centre Pompidou. 
Après le succès de l’exposition à Bratislava en novembre dernier, l’exposition se tient désormais à la Galerie de Slovaquie centrale à Banská Bystrica.

Dates : 17 janvier 2013 – 24 février 2013
Lieu : Galerie de Slovaquie centrale, Maison de Bethlen, Dolná 8, Banská Bystrica
Commissariat : Sophie Schmit

Organisateur

Galerie de Slovaquie centrale à Banská Bystrica

Co-organisateurs

Ambassade de France en Slovaquie

 

Alliance française Banská Bystrica

Partenaires

SSE

 

Institut Français Paris

 

L’exposition "100 X France" est une rétrospective mettant en avant le patrimoine photographique français depuis ses origines. Elle retrace l’évolution de cette discipline à travers le travail des grands photographes comme de photographes anonymes. Les 100 photographies, présentées une par une, ont été sélectionnées en collaboration avec de grandes institutions françaises telles que la Bibliothèque Nationale de France, le musée d’Orsay, le Centre Georges Pompidou, ou encore les artistes eux-mêmes ou leurs ayants-droit. L’exposition aborde ainsi de différentes manières l’histoire de la photographie française : l’évolution des techniques et des procédés, les thèmes qui distinguent la photographie « artistique », « humaniste » ou « journalistique », la permanence des rapports entre la photographie et les autres sciences.

La rétrospective en détails

Les tirages présentés ont été choisis parmi les milliers d’épreuves conservées à la Bibliothèque nationale de France, au musée d’Orsay et au Centre Pompidou à Paris, trois des plus riches collections publiques existantes dans le monde. De nombreuses institutions et des particuliers ont également participé au montage de l’exposition, notamment le ministère de la Culture, l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, la donation Jacques Henri Lartigue, l’Estate Brassaï, des collectionneurs privés, des photographes ou leurs ayants droit.

Chacune de ces images est présentée avec un court texte sur l’histoire de la photographie et de son auteur, de la France, des Français et de Paris. Choisir une seule oeuvre par artiste a permis d’exposer, aux côtés des génies que furent Nicéphore Niépce, Louis-Adolphe Humbert de Molard, Gustave Le Gray, Charles Nègre, Eugène Cuvelier, les frères Bisson, Félix Nadar ou Eugène Atget, des photographes plus rarement exposés tels que Édouard Baldus, Charles Marville ou Auguste Collard, ainsi que des tirages d’amateurs anonymes ou célèbres qui ont pour nom Jacques Henri Lartigue ou le comte Robert de Montesquiou.

Toutefois, la photographie ne pourrait se comprendre si l’on ne suivait l’évolution de sa technique. Au début de son histoire, elle est peu à peu mise au point par de riches inventeurs passionnés de photographie. Avec l’évolution des techniques (reproductibilité des tirages, raccourcissement du temps d’exposition…), elle est commercialisée par des photographes talentueux comme Félix Nadar ou Mayer & Pierson. Outil de la propagande impériale sous Napoléon III (1852-1870), elle témoigne tout au long de son existence des bouleversements urbanistiques (grands travaux de Paris), politiques (la Commune), sociaux (exode rural) d’une société en constante mutation.

Mais la photographie oscille également entre art et sciences. En 1839, le ministre et savant François Arago lui prédit un rôle scientifique. « Répertoire d’images », elle peut être triée, classée, comparée, analysée par les frères Henry, astronomes ; Alphonse Bertillon, fondateur du service parisien de l’Identité Judiciaire ; le docteur Raviart, psychiatre ou le physiologiste Jules Marey. Autre physiologiste, Duchenne de Boulogne souhaite mettre son « répertoire des expressions » au service des étudiants de l’École des beaux-arts de Paris.

Les extraordinaires photographes français que furent Charles Nègre et Gustave Le Gray étaient des peintres. Des artistes prestigieux tels qu’Eugène Delacroix ou Edgar Degas l’ont utilisé pour se constituer un « répertoire de poses iconographiques ».

Au début du 20e siècle les pictorialistes, parmi lesquels Constant Puyo ont souhaité, par la composition de leurs œuvres et la matière ajoutée à leurs tirages, obtenir un « rendu » proche de la peinture. Après le chaos de la guerre de 1914-1918, les surréalistes jouent avec les expérimentations techniques. Avec Man Ray, Dora Maar ou Raoul Ubac, la photographie n’est plus seulement « représentation », elle est aussi « objet » de création.

Toutefois, à partir de 1930, des photographes humanistes comme Brassaï, André Kertész, Robert Doisneau partent à la rencontre d’un Paris poétique. Celui des gamins, des voyous ou des amoureux. Avec le développement de la presse, Janine Niépce ou Sabine Weiss, devenues reporters photographes, couvrent l’actualité politique et sociale. La photographie est omniprésente dans les magazines et les livres. Elle se placarde aussi sur les murs. Pour ses photographies de mode, Frank Horvat préfère la rue aux studios. Les agences se multiplient. Parmi les fondateurs de l’agence Magnum en 1947, Henri Cartier-Bresson traque « l’instant décisif ». Aux côtés de Martine Franck ou de Raymond Depardon, le photographe contrôle directement l’utilisation et la commercialisation de ses œuvres. « Photographe journaliste », Gilles Caron couvre l’actualité la plus brûlante jusqu’à y perdre la vie. Jeanloup Sieff sème ses photographies comme autant de petits cailloux retraçant son œuvre. Agnès Varda immortalise Gérard Philipe sur la scène du Festival d’Avignon avant de se lancer dans le cinéma et la « création contemporaine ».

De la photographie aux arts plastiques, il n’y avait qu’un pas à franchir. Avec Bernard Faucon, Patrick Tosani, Valérie Belin, Frank Perrin, Valérie Jouve, la photographie devient un médium de création, un outil au service des plasticiens. Elle est « mémoire » avec Bernard Plossu et Georges Rousse. Elle se transforme en « tableau » avec Jean-Marc Bustamante. Quant à Bertrand Lavier, il n’est même pas photographe.

©Valérie Belin, Sans titre, 2000